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 Oh oui, causons jazz (Ziggy)

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Peter Mermoz Steinhauser
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MessageSujet: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Mer 19 Mai - 22:48

Bien, j’ouvre ce sujet avec cet avertissement préliminaire :
Nous ne sommes pas des jazzeux, sinon on se causerait ailleurs que sur ce forum, la chose est entendue.
Pour beaucoup de jeunes rockeux, le jazz est une musique chiante, écoutée par des pseudo-intellos à lunettes à montures carrées (la formule n’est pas de moi) qui se la jouent, des snobinards insupportables qui se font chier eux-mêmes en passant à leurs collègues de bureau les délires free de Cecil Taylor mais prennent un air inspiré en les écoutant. Qui sont obligés de se relever la nuit pour écouter en cachette Twist à St Tropez ou Smoke on the water à fond au casque en faisant de l’air guitar avec un balai Swifer dans leur salon meublé en contemporain norvégien, vu que le suédois, « Atthhhends, c’est throp ringhhhard ! »
Voilà, le cliché est posé.
Certains d’entre nous considèrent cependant que, sans adhérer entièrement à un genre musical, on peut y découvrir un tas de beautés, parfois très réputées, parfois moins. On en trouve dans la musique brésilienne (Vinicius de Moraes :Grabado en Buenos Aires, Milton Nascimento : Sentinela), asiatique (Nusrat Fateh Ali Khan : Night song), classique (Bartok : Musique pour cordes, percussions et celesta, Haëndel : Dis-donc, les nénés) et ceteri, et cetera.
Subséquemment, il appert que la musique de jazz recèle des merveilles, faites par des gens aussi sincères que les plus allumés des rockers sixties, aussi bons mélodistes que nos icônes pop favorites. C’est de cela dont nous voulons parler, pas du jazz débité au kilomètre, où un solo inutile suit un solo pompé sur un autre, qui lui-même enfilait des clichés mille fois entendus. Je ne suis pas spécialiste du genre. Je suis aussi un rockeux de formation, nourri des Beatles/Beach Boys/Stones/Kinks de mon grand frère que je salue au passage, et le 1er album que j’ai acheté avec mes sous c’était Hendrix :Band of Gypsies que j’écoutais sur un électrophone Nogamatic (marque des 3 Suisses) en 1970, l’année où je suis allé voir Woodstock au cinéma 3 fois de suite. Puis, Joplin-Cheap Thrills, Doors-Absolutely Live, Pink Floyd-More et The Band-The Band. Ben, oui, c’est comme ça. Babacoolisme à donf. Ah, Castaneda, L'Herbe du diable et la petite fumée ! Arrivent Soft et les cuivres de Nick Evans et Mark Charig, les solos d’Elton Dean dans Third et Fourth . Je me souviens encore de la chronique de Third par Paul Alessandrini dans R&F, il disait (de mémoire) : « Elton Dean, plus précis, plus mescalin, que Coltrane-chaleur élastique qui étreint ». La mescaline, j’ai pigé un peu après. Mais ce « Coltrane-chaleur élastique qui étreint », c’est une formule qui m’a scotché à l’époque. Du coup, je suis allé renifler sur ces terres-là, avec pas mal de déceptions et d’ennui parfois, mais avec d’immenses émerveillements aussi.
Je laisserai à d’autres le soin de parler, s’ils le souhaitent, des grands classiques, genre A Love Supreme ou Kind of Blue. Perso, j’ai davantage envie de causer de choses un peu moins connues, mais pas obscures pour autant, qui pourraient convaincre un certain nombre de gens ayant l’esprit et les esgourdes ouverts. Un soupçon de prosélytisme dans la démarche ? Oui, assumé. Je me permettrai donc de revenir sur des albums dont j’ai parlé par ailleurs (dernièrement dans « vous écoutez quoi » où je me suis un peu lâché) mais auxquels je tiens, et d’en présenter quelques autres, bien sur.
Il s’agit de parler de ce qu’on aime, de ce qui nous touche ou nous éclate, pas de faire une « Encyclopédie des grands classiques du djâââzz », s’pas ?
Est-on d’accord sur l’essentiel ? Tell me about it.
Je pense m’être assez investi dans le truc, donc je ne tirerai pas le 1er. Si quelqu’un veut se lancer, sans craindre les foudres de la censure du Grand Inquisiteur Coupeur de Roustons dévoué à la secte du Purisme Intransigeant (hello, Mtwallet ), qu’il se lance !


Dernière édition par Peter Mermoz Steinhauser le Jeu 3 Juin - 20:28, édité 1 fois
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Puck
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MessageSujet: Re: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Jeu 20 Mai - 14:46

Ben vas y lance toi, tu as bien du raconter tout ça pour en arriver à une conclusion sur ce que tu aime, explique donc !
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Béroalde De Fuzz
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MessageSujet: Re: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Jeu 20 Mai - 18:42

Le jazz, un certain jazz, l'écouter c'est faisable, bien d'accord.
Mais en parler... une autre paire de manches. Trop musical. Autre chose que le teenage trash punker revival de base.

Au-delà d'une impression vague, l'évocation de la truculence pachydermique de Mingus, des éraillements déchirants d'Ayler, ou du piano faux de Monk (mauvais terme, d'ailleurs), que dire sans rougir d'ignorance et d'incompétence crasse?
C'est sans doute une impression à la con, mais voilà.
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Puck
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MessageSujet: Re: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Jeu 20 Mai - 19:56

Tout ça parce qu'à partir de la fin des 40's, quelques connards de blancs issus du cool et à l'origine de la third wave et de tous le jazz west coast, on voulu faire passer le jazz pour de la musique classique, et faire croire qu'il n'y avait que la théorie et la musique qui comptait. Moi je le clame haut est fort, le jazz peut être vu sous un aspect aussi culturel que le blues et le rnb à l'époque. Depuis le swing accompagnant le bootlegin' jusqu'au free jazz se rapprochant du mouvement des droits civiques en passant par le bebop remplissant les pistes de danses et le hard-bop clamant sa "négritude", il y a toute une histoire du jazz qui est belle et bien populaire, et n'a rien de la saloperie élitiste qu'on essaye de vendre depuis un demi-siecle. Il y a une époque pas si éloignée (les 60's), ou écrire sur le jazz en France était synonyme de prise de position sur le racisme (voir les meilleurs textes écrits par Siné, ceux du courier des lecteurs de Jazz Hot et Jazz Mag), et sur la jeunesse (ça entrainait vite à parler de l'influence du blues sur les stones, et des stones sur johnny). Et pour illuster tout ça simplement, une des grandes voix du XXe siecle avec les deux rois du ténor des 40s (et Mullighan, un blanc resté sympathique (tout comme Baker)) :

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Peter Mermoz Steinhauser
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MessageSujet: Re: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Jeu 20 Mai - 20:17

J'adhère à ton propos Ziggy.
Mais comme je suis niaisement un peu provoc., je commence par un truc décalé que j'ai rédigé pendant que vous papotiez dans le fond en profitant que j'ai le dos tourné.Voila:
Allons-y ! Je commence par du polémique (pour les SoftMachinophiles, j’entends) !
[J’en profite pour rectifier une erreur dans mon post introductif : c’est Melmoth aka Dashiell Hedayat et non Alessandrini qui signait la chronique de Third dans R&F.]
Fourth de Soft Machine, album sorti en 1971.
C’est absolument un album de jazz, qui n’a strictement rien à voir avec du jazz-rock (le fait que 2 instrumentistes sur 9 jouent électrique ne change rien à l’affaire). La suite logique des Slightly all the time et Out-bloody-rageous sur Third, de l’entrée d’Elton Dean et d’un Wyatt réduit à un rôle exclusif de batteur. Album mésestimé par rapport à Third, à tort à mon avis puisque si l’on met à part Moon in june, qui est davantage un demi album solo de Wyatt qu’autre chose, je ne vois pas de différence profonde de style, ni de qualité musicale, entre les 2 faces instrumentales de Third et l’ensemble de Fourth. Ce dernier ayant l’avantage d’être incomparablement mieux enregistré, avec une clarté qui permet d’identifier le son de chaque instrument à vent, tandis que Third a un son compressé et sourd auquel le remaster n’a pas changé grand chose.
Les titres:
Teeth, compo de Ratledge, tempo rapide.
Kings & Queens, compo de Hopper, tempo lent
Fletcher’s Blemish, compo de Dean. Gros délire free : à oublier illico.
Virtually Parts 1 à 4 : toute la 2de face, compo de Hopper, tempo lent à moyen.
Donc, rien de Wyatt et beaucoup de Hopper.
Les extras :
Roy Babbington (contrebasse), Mark Charig (cornet), Nick Evans (trombone), Jimmy Hastings (clarinette basse, flûte), Alan Skidmore (saxophone ténor) .
Kings and Queens est le morceau de l’album qui s’aborde le plus facilement. Je déconseille l’écoute sur Youtube qui abîme trop le son. Ici, les sonorités du cornet et du trombone sont étincelantes, on entend la vibration métallique des cuivres au service d’une simple, mais très belle mélodie qui tourne en boucle, ponctuée par la batterie de Wyatt, jamais aussi bien enregistré qu’ici. Wyatt joue sur des fûts de plus grand diamètre que la plupart des batteurs, ses toms, médiums ou basses, ont donc un son plus grave que les autres (c’est aussi frappant sur le Little red record de Matching Mole) et donnent une profondeur inhabituelle à son instrument.

Si la basse de Hopper est ici lourde et régulière, Wyatt, lui, ne se contente pas de poser le tempo, il tourne autour avec des roulements de toms qui enveloppent le thème principal, qui dansent autour de lui avec une finesse et une élégance rares.
Virtually part1. Un thème ultra-simple : deux accords de piano appuyés par les cuivres, la basse électrique et la contrebasse nettement séparées, Hopper a un son beaucoup plus sec. A 2 mn du début, un étonnant dialogue batterie-contrebasse, Wyatt se balade sur ses cymbales, virevoltant de l’une à l’autre façon Max Roach, jouant des différentes sonorités : étonnant ! Le thème reprend en s’accélérant jusqu’à la fin, avec la clarinette basse du grand frère Hastings dans le fond et Babbington qui passe à l’archet. Cela s’interromp brusquement et on passe à :
Virtually part2. Ratledge, avec ce son d’orgue nasillard, reptilien, joue le thème avec Dean, sans soutien rythmique. Pas à l’unisson en fait, mais décalés, l’orgue légèrement en avance sur le sax qui brode autour de la phrase de Ratledge. Wyatt arrive, ses roulements de tambours ne marquent pas le rythme là non plus, ils font une sorte de contre-chant à la mélodie. Le tempo revient mais, comme souvent chez Soft, marqué par les accords du piano. Dean pond un solo déchirant, aussi beau que celui qu’il fait à la fin de Slightly…. Un solo plaintif, rageur et virtuose à la fois, avec le son si particulier de son saxello, un soprano recourbé en fait. La comparaison avec les plus grands saxophonistes, Coltrane compris, n’est pas du tout ridicule.

Virtually part3. Commence sur de grosses mais agiles notes hopperiennes, on ne peut s’empêcher de penser à ce qu’il fait sur Alifib dans Rock Bottom (car ce n’est pas un piano électrique qu’on entend dans Alifib, mais la basse de Hopper qui joue très aigu, accordée très haut ou avec un capodastre, je ne sais, mais en tous cas, c’est bien lui). Sur ces notes se pose un bruissement cuivré qui crée une atmosphère sombre et fourmillante à la fois. Puis, c’est l’explosion de la fuzz bass, avec ce son ample mais incisif qu’on a jamais aussi bien entendu qu’ici. La fuzz reprend la fonction de Ratledge dans la part2, Dean sinuant autour du thème.
Virtually part4. Un court thème, répétitif, assez hypnotique, à la Terry Riley. La basse domine, jouée sur le bas du manche. Wyatt, impérial, fait rouler ses baguettes.
Teeth. Le morceau de Ratledge, le plus rapide de l’album (voir la vidéo ci après sur la fabrication de Teeth, notamment à partir de la 6e minute). La compo la plus tradi, la plus virtuose aussi et, finalement celle qui touche le moins, même si le jeu de Wyatt est ici complètement étourdissant de virtuosité. Je le place sans hésiter sur un pied d’égalité avec Tony Williams, Max Roach et Elvin Jones. Sans hésiter. Les solos de Dean sont survoltés, eux aussi débordants de virtuosité comme de férocité. C’est le morceau le plus typiquement jazz mais aussi le moins Softmachinien : le cerveau applaudit mais l’émotion des compositions de Hopper n’est pas là.

Répet de Teeth, Pop 2 : https://www.youtube.com/watch?v=c1PzqKQlbtI

Euhhh, dites-moi si j'ai été bon sur le coup, là. Sinon, j'arrête pasqueu ça prend du temps, quand même... @ Béro:Je ne vois comment parler autrement de cet album qu'en essayant de décrire ce que j'entends sans être trop technique non plus, anyway je ne suis pas musicologue.
@Ziggy: D'autant que c'est un album fait par des gens qui n'ont rien à voir avec la culture noire américaine, qui sont en dehors de tout contexte politique et social, vois-tu.
Je vous embrasse bien fort,
Peter


Dernière édition par Peter Mermoz Steinhauser le Mer 9 Juin - 15:53, édité 1 fois
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Peter Mermoz Steinhauser
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MessageSujet: Re: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Jeu 20 Mai - 22:56

@Béroalde De Fuzz a écrit:
Le jazz, un certain jazz, l'écouter c'est faisable, bien d'accord.
Mais en parler... une autre paire de manches. Trop musical.
Mais euh ... C'est-y point toué qu'avions suggéré que j'ouvrasse un sujet sur le sujet de façon à éviter que ça se dilue dans le "Vous écoutez quoi" ?
Mes respects néanmoins.
Peter
PS j'aime bien signer, même si il y a mon nom à côté, je trouve ça plus poli.
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Béroalde De Fuzz
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MessageSujet: Re: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Jeu 20 Mai - 23:19

Justement.
C'était pour que les autres en causent.




Pour pas que ce post soye un inutile post de plus, un coup de beauté pure avec Albert Ayler, pas du tout du jazze intello pour le coup:
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Peter Mermoz Steinhauser
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MessageSujet: Re: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Mer 26 Mai - 14:13

@Béroalde De Fuzz a écrit:

Pleins d'articles passionnants, donc, on n'ose même plus ouvrir la bouche de peur de faire baisser le niveau.
Merci, merci ...
Mais non, n'hésitez pas à l'ouvrir, je découvre des trucs et ça me plaît bien (juste, au risque de me répéter, des références d'albums en plus des vidéos, ce serait coule). Par ailleurs, j'essaie de continuer à alimenter, mais je me rends compte que ce n'est pas si aisé et que Béro n'avait pas complètement tort en écrivant "Mais en parler... une autre paire de manches. Trop musical. Autre chose
que le teenage trash punker revival de base."
Mais je m'entête, car je peux faire preuve d'une obstination têtue, opiniâtre et tenace. Je suis en gestation d'un petit compte rendu de "Brown Rice de Don Cherry". Accouchement probable tard dans la soirée. Merci encore pour vos contributions.
PS: bizarrerie technique: l'image de l'affiche du festival d'Amougies a disparu un temps de mon précédent post...
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Peter Mermoz Steinhauser
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MessageSujet: Re: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Mer 26 Mai - 14:30

ZiGGy a écrit:
Tiens, un super blues avec George Adams au chant
Groovy ce Devil's blues. Cela me fait penser que j'ai en magasin un bon George Adams/Danny Richmond : "Hand to hand". Moins pétulant que ces Mingus mais bien intéressant tout de même. J'en causerai un de ces 4.
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Peter Mermoz Steinhauser
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MessageSujet: Re: Oh oui, causons jazz (Ziggy)   Mer 26 Mai - 19:22



Don Cherry - Brown Rice - 1975
Don Cherry – trumpet, electric piano, vocals
* Frank Lowe – tenor sax
* Ricky Cherry – electric piano
* Charlie Haden – acoustic bass
* Hakim Jamil – acoustic bass
* Moki – tamboura
* Billy Higgins, drums
* Bunchie Fox – electric bongos
* Verna Gillis – vocals
Tracks:
1. Brown Rice
2. Malkauns
3. Chenrezig
4. Degi-Degi


Boris Vian, auteur de « L’automne à Pékin » et de nombreux aphorismes, dont le misogyne mais néanmoins croustifondant « La femme est ce que l’on a trouvé de mieux pour remplacer l’homme quand on a la déveine de na pas être homosexuel », possède un point commun avec Don Cherry, il jouait de la trompinette.

Le suffixe diminutif « inette » manquant résolument de sérieux, on utilisera pour Don Cherry le terme de « pocket trumpet », trompette de poche. « Contrairement aux idées reçues, la trompette de poche a la même longueur de tube que la trompette normale, car celui-ci est simplement plus enroulé » (Wiki).

La pochette originale (pas l’infâme de la réédition cd) donne une idée du contenu : un jazz électrique à la manière de Miles Davis époque Bitches Brew avec des influences africaines, comme chez l’Art Ensemble of Chicago, mais aussi balinaises, indiennes. World jazz donc, bien avant la période bobo Gabriel-Real World. Un truc sincère. Écoutez donc le 1er morceau dans la vidéo. Une sorte de métallophone façon gamelan balinais, dessine la mélodie, accompagnée du « space whisper » de Verna Gillis. Le grondement qui arrive ensuite, c’est la contrebasse de Charlie Haden, électrifiée et branchée sur une wah-wah, puis les bongos électriques (!) entrent en piste et, en même temps que la trompinette, Don Cherry chante Tchi ki tam, Tchi ki tam, Tchi ki tam, Brown riiiiiiiiiiiiice ! C’est lancé et ça groove… Je ne rentre pas dans les détails, mais le reste est du même tonneau. Des sons de sitars ouvrent Malkauns et la contrebasse avec un son hénaurme entame longuement le morceau avant d’être rejointe par la batterie de Billy Higgins et un Cherry ici très MilesDavisien. Peut-être mon préféré de l’album (mais j’ai un penchant coupable pour la basse en général). Des clochettes de temple indien débutent Chenrezig et Cherry chante une sorte d’incantation tantrique (enfin, genre…). Le très funky Degi Degi, avec la rythmique piano Fender/contrebasse électrifiée/batterie termine cet album magnifique, chef d’œuvre du Cherry des 70’s. Organic music, lit-on sur la pochette. Mmmmmhh, voui, ça colle pas mal. ۞